Créée en 1960 pour regrouper
les rares (à cette époque) producteurs indépendants
de télévision, la C
hambre syndicale des Producteurs
audiovisuels s’est dès sa création
consacrée au dialogue social, signant en 1964 (un an avant
l’ORTF !) le premier accord collectif concernant les artistes
interprètes pour la télévision.
C’est à la même époque qu’elle
a commencé de définir et d’imposer, dans le
« paysage audiovisuel », et en particulier à
l’égard des chaînes de télévision
(l’ORTF jusqu’en 1974, les chaînes de service
public seules jusqu’en 1985, enfin l’ensemble des
diffuseurs publics et privés depuis cette date), le rôle
et la place des producteurs indépendants.
Dialogue social et lobby politique et institutionnel sont restés
les deux axes de l’action du syndicat après sa transformation,
en 1986, en
Union syndicale des Producteurs audiovisuels
(dénomination devenue en 1990
Union syndicale de
la Production audiovisuelle).
Le développement considérable de la production pour
la télévision, depuis ses débuts dans les
années 1960, s’est traduit par une croissance régulière
du nombre des adhérents de l’USPA, jusqu’à
la stabilisation et à la concentration intervenues à
partir du début des années 1990.
En 2001, les producteurs de dessin animé ont préféré
se regrouper dans un syndicat professionnel spécialisé.
Aujourd’hui, l’USPA regroupe une centaine de sociétés
de production.
À partir du milieu des années 1980, et de l’apparition
des chaînes privées, l’USPA s’est particulièrement
consacrée à défendre les intérêts
patrimoniaux de ses membres. L’action à l’égard
des Pouvoirs publics a conduit à une réglementation
protectrice, particulièrement pour ce qui est de la conservation
par les producteurs de la propriété intellectuelle
des œuvres produites.
Ces années d’action syndicale ont notamment conduit
à la création du
Compte de Soutien aux Industries
de Programmes (COSIP) en 1985, à l’instauration
des obligations de productions d’œuvres audiovisuelles
pour les chaînes terrestres en 1990, à la généralisation
de ces obligations à tous les diffuseurs en 2001.
La réforme législative d’août 2000 et
sa traduction réglementaire de juillet 2001 ont enfin consacré
la distinction entre les activités de diffuseur et
de producteur dans le domaine audiovisuel.
L’USPA a parallèlement cherché à trouver
des accords contractuels directs avec les diffuseurs. Ainsi, un
accord a été signé en 1994 avec France
Télévision. Cet accord, actualisé
depuis à plusieurs reprises, a permis de voir augmenter régulièrement
la part de ses budgets consacrée par la Télévision
publique à la production d’œuvres audiovisuelles.
La production télévisuelle est une branche en forte
croissance des « Industries culturelles », où
elle voisine avec la production cinématographique ou phonographique.
Mais elle présente la particularité, parmi les activités
culturelles, d’offrir ses produits sur un marché
où la demande, elle-même largement financée
par l’économie générale à travers
la publicité, s’exprime en face des producteurs.
Activité marchande, activité culturelle ; c’est
l’un des rôles d’un syndicat professionnel que
de faire cohabiter efficacement ces deux dimensions.
Jacques Peskine